Sensibilisation communautaire pour l’abandon de l’excision

Sensibilisation communautaire pour l’abandon de l’excision

  • En cours
  • COFESFA
  • Mali
  • 48.000 €

Les mutilations génitales féminines (MGF), aussi appelées « excision », sont une intervention qui altère et lèse les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non-médicales. Des millions de femmes sont concernées par cette pratique.

Le Mali se caractérise par une des prévalences les plus élevées. On estime à 85,2%, la proportion de femmes maliennes excisées (Source : OMS). Cette pratique est ancrée dans la communauté et dans les coutumes. Elle est encore pratiquée pour des raisons culturelles, sociales ou religieuses. De plus, le manque d’information relative aux conséquences de la pratique sur la santé, entre autres, tend à la perpétuer.

C’est pourquoi l’objectif du projet est de susciter le changement de comportement des populations en organisant des sessions de sensibilisation et en les informant sur les conséquences physiques et psychologiques. Des synergies entre les programmes de santé et les activités de sensibilisation sur cette pratique sont régulièrement mises en place. Certaines causeries éducatives au sujet de la malnutrition ou de la santé maternelle et infantile peuvent en effet présenter de bonnes occasions d’aborder la question des MGF. Les consultations dans les centres de santé peuvent également permettre de déceler des complications et de référer les femmes, si elles le souhaitent, vers des structures adaptées. Des séances sont donc organisées pour les femmes bien sûr, mais aussi et surtout envers les personnes influentes de la communauté, à savoir les chefs de village, les matrones, les exciseuses traditionnelles, les leaders religieux, les enseignants, les agents de santé ou encore les grand-mères qui occupent une place centrale dans la perpétuation de la pratique.

Les exciseuses traditionnelles sont, quant à elles, formées en alphabétisation, et converties en relais communautaires pour sensibiliser et informer à leur tour sur les conséquences de cette pratique. En 2019, 2 villages (Torodo et Tassan) ont officiellement signé une convention d’abandon de la pratique. Au total, 17.308 personnes ont été touchées par les activités du projet en 2019, parmi lesquelles 5.180 hommes, soit pratiquement un tiers d’entre elles. Tandis que 69 anciennes exciseuses, reconverties grâce au projet depuis 2011, ont participé à une journée d’échanges. En 2020, 86 relais communautaires seront formés en techniques d’animation sur les VBG (violences basées sur le genre).