Lutte contre les mutilations génitales féminines

Lutte contre les mutilations génitales féminines

  • En cours
  • AAB-FFL
  • Burkina Faso
  • 73.799 €

Selon l’« Étude pays SIGI-Burkina Faso » de l’OCDE (2018), malgré l’instauration de la loi burkinabè du 13 novembre 1996 réprimant les auteurs de MGF, la pratique demeure répandue. Plus de trois femmes sur cinq en âge de procréer affirment avoir été excisées. Deux femmes sur cinq ont été excisées avant l’âge de 10 ans.

La pratique des Mutilations Génitales Féminines (MGF) puise ses fondements dans la tradition ancestrale. Elle constitue une règle de comportement socialement prescrite. Ainsi, les familles perpétuent cette pratique avec la conviction que c’est ce que la société attend d’eux. En ne respectant pas cette règle sociale, elles subissent les sanctions sociales telles que la marginalisation, l’exclusion du mariage ou la perte de statut social.

De plus, l’excision est souvent pratiquée très jeune. Or, si certaines complications apparaissent tout de suite, d’autres apparaîtront parfois 15 ans plus tard, lors de l’accouchement par exemple. Les femmes, en étant peu ou pas informées, ne font pas le lien avec l’excision, et ne remettent donc pas en cause la pratique. Seule une prise de conscience collective permettra un changement de comportement et l’abandon de la pratique. Pour aider les femmes à se délivrer des traumatismes psychologiques et physiques provoqués, le projet s’appuie sur une approche participative incluant activement l’ensemble des acteurs de la société :

  • À travers des séances de sensibilisation de la communauté sur les conséquences de l’excision. Par ailleurs, les enseignants reçoivent des communications, à dispenser auprès de leurs élèves, sur les modules MGF, ajoutés au programme scolaire national.
  • Par la prise en charge des soins (médicaux et psychologiques) prodigués aux femmes souffrant de séquelles de l’excision. Elles sont dirigées vers la Fondation Rama, qui par un système de coupon, prend en charge les opérations chirurgicales réparatrices.
  • En incitant les exciseuses à poursuivre une autre voie professionnelle. En 2019, 6 exciseuses se sont reconverties dans l’élevage de caprin, tandis qu’un homme, ancien exciseur sensibilisé, fait désormais partie des animateurs communautaires qui sensibilisent les populations.

Aussi, en 2019, 25 agents de santé ont été formés à la collecte de données, essentielles dans la lutte contre les mutilations génitales féminines, tandis que 79 femmes souffrant de séquelles de l’excision ont bénéficié d’une réparation.